La Fashion Week de Paris

La Fashion Week de Paris


Dans ce dernier épisode de nos reportages sur les Collections, Harriet Quick nous expose la manière dont les défilés de Paris ont reflété l’amour du monde de la mode pour le luxe et l’investissement.
 
Paris, nous nous attendons à voir le meilleur: le summum du chic, de l’art et une multitude d’idées. Cette fashion week était ébranlée par le scandale de l’affaire John Galliano et une vague de rumeurs concernant le créateur turbulent, qui a secoué les fondements mêmes de l’industrie. Nous sommes tous d’accord sur le fait que les créateurs sont continuellement soumis au stress engendré par cette pression constante qui les pousse à faire encore mieux et à vendre encore davantage, avec une myriade de collections pré-collections et accessoires. Pas de répit pour les vilains personnages, vraiment.
 
Mais quel vaste choix ! Il ressort un nouveau sens de l’investissement, un enthousiasme pour les grandes longueurs au ras du sol, pour les textures luxueuses, pour les coupes souples et les silhouettes cocons. Le message est littéralement de s’envelopper dans le luxe et de parcourir le monde armé de confiance et d’une grande aura.
 
L’on a pu remarquer de nouveaux volumes dans les looks démobilisées de Miu Miu - avec des manteaux exagérant la carrure-, dans les vestes taille de guêpe à manches kimono de Louis Vuitton, et dans les tailleurs masculins démesurés de Stella McCartney. L’on pouvait ressentir le luxe dans les superpositions, les tweeds et les manteaux cardigans de Chanel, et dans les impeccables modèles en tweed style équestre longs et ajustés de Celine, ou dans les coupes Prince de Galles divines d’Yves Saint-Laurent.
 
Et bien-sûr, il était impossible de passer à côté de la flamboyance, au travers de la quantité de fourrure, de fausse fourrure et de peau de mouton présentée sur les podiums. Ces matières étaient travaillées sur les manteaux, enveloppaient les ourlets des robes de cocktail (Giambattista Valli) et ornaient les épaules et enveloppaient les capuches (Alexander McQueen). Sans oublier les sacs à main : le sac à main en fourrure est l’incontournable de la saison. Si vous pensez que ce n’est pas pour vous, il y avait également une profusion de cuir sur les pantalons taille haute chez Celine et Hermès.
 
Une passion pour les objets fétiches est également apparue. Chez Ungaro, Giles a enveloppé les robes fourreaux en dentelle de corsets et d’écharpes en cuir ; chez Louis Vuitton, les faux-cols se mêlaient aux manchettes, aux casquettes et aux bottes compensées en latex. La nouveauté en termes de sacs est le Lockit, une pochette à rabat.
 
A noter aussi : un engouement pour le travail artisanal sous forme de défi. Un réel pouvoir de séduction émanait des vestes en cuir tricotées de Balenciaga, qu’il a présentées avec des jupes drapées dans des imprimés aux motifs élaborés, et une grande séduction également dans l’imprimé dévoré panthère iris de Givenchy, qui se faufilait sur des tops sweatshirts et des jupes crayon en tulle mi-fin. C’est avec une stupéfaction admirative que le public a accueilli les robes à la conception des plus élaborées de Sarah Burton, chez Alexander McQueen, dont certaines étaient ornées d’une mosaïque de porcelaine en guise de corsage, d’autres brodées de tulle à la main et décorées de lanières. Lanières ou pas, Sarah Burton a sans aucun doute les compétences nécessaires pour créer les robes d’une future reine.   
Alexander McQueen est présent à Bicester Village
Celine est présent à Bicester Village et La Vallée Village
Givenchy est présent à La Vallée Village
Stella McCartney est présent chez Joseph à Bicester Village
Yves Saint Laurent est présent à Bicester Village

 
Harriet Quick est directrice Mode de Vogue Grande-Bretagne.

23-03-2011